25 statistiques sourcées sur la naissance, la survie et la mort des entreprises françaises Sources INSEE, Bpifrance, Banque de France et France Num, mises à jour 2026
Création d'entreprise : les chiffres clés 2026
Étude de marchéCette page rassemble les statistiques de référence sur la création d'entreprise en France, vérifiées et sourcées une à une. Elle est conçue pour être citée : chaque chiffre est accompagné de sa source nommée (INSEE, Bpifrance, Banque de France, France Num) et de son millésime. Journalistes, étudiants, blogueurs et porteurs de projet y trouveront un panorama complet du cycle de vie de l'entreprise française, de l'immatriculation à la pérennité, sans avoir à recroiser dix publications.
La plupart des dossiers sur le sujet s'arrêtent au seul volume des immatriculations. Nous avons fait le choix d'aller plus loin : combien d'entreprises naissent, combien survivent, combien disparaissent, qui sont les créateurs et avec quel financement ils se lancent. Cet angle complet permet de comprendre le paradoxe entrepreneurial français : un record de créations qui coexiste avec un record de défaillances. La compréhension du marché reste le premier levier de pérennité, ce qui est précisément le métier d'ESSCA Junior Conseil en étude de marché.
À retenir (chiffres 2025-2026) : 1 165 800 entreprises créées en France en 2025, un record (INSEE, 2025). 61,9 % d'entre elles sont des micro-entreprises (INSEE, 2024). 69 % des entreprises classiques (hors micro-entrepreneurs) survivent à 5 ans (INSEE, cohorte 2018). Et 67 830 défaillances en 2024, soit le revers du record (Altares, 2024). Dernière mise à jour : juin 2026.
Combien d'entreprises créées en France ?
La France a enregistré 1 165 800 créations d'entreprises en 2025, un nouveau record historique, en hausse d'environ 5 % par rapport à 2024 (INSEE Première n°2092, 2025). L'année précédente comptait déjà 1 111 200 immatriculations, soit +6 % sur 2023 et le précédent record (INSEE Première n°2037, 2024). La dynamique reste donc nettement orientée à la hausse depuis le tournant de 2018, porté par le statut de micro-entrepreneur.
Le rythme n'a pas été linéaire en 2025 : 575 546 entreprises ont été créées entre janvier et juin (soit -0,2 % par rapport au premier semestre 2024), avant un fort rebond au second semestre (de l'ordre de +10 %), d'après le baromètre semestriel de Bpifrance Création (2025). Voici l'évolution annuelle sur cinq ans.
| Année | Créations d'entreprises | Évolution annuelle | Source |
|---|---|---|---|
| 2021 | 1 050 500 | n.d. | INSEE |
| 2022 | 1 062 000 | +1 % | INSEE |
| 2023 | 1 051 500 | -1 % | INSEE |
| 2024 | 1 111 200 | +6 % | INSEE Première n°2037 |
| 2025 | 1 165 800 | +5 % | INSEE Première n°2092 |
Micro-entreprise ou société : la répartition par statut
La micro-entreprise reste le moteur de la création française : 61,9 % des créations sont des immatriculations de micro-entrepreneurs, soit 716 200 en 2024 (+7 % et +0,4 point par rapport à 2023), puis 758 600 en 2025 (+6 %), selon l'INSEE (Première n°2037 et n°2092). Les sociétés progressent elles aussi : 284 600 créations en 2024 (+5 %) et 301 300 en 2025 (+6 %). À l'intérieur de cette catégorie, les SAS et SASU tirent la croissance avec environ +10 % en 2024 (Bpifrance Création).
À l'inverse, les entreprises individuelles classiques (hors régime micro) sont le seul statut en recul : 110 500 créations en 2024 (-3 %) puis 105 900 en 2025 (-4 %), d'après l'INSEE. Le tableau ci-dessous récapitule la répartition 2025 par type juridique.
| Type juridique | Créations 2025 | Part du total | Évolution 2024-2025 |
|---|---|---|---|
| Micro-entrepreneurs | 758 600 | environ 65 % | +6 % |
| Sociétés (dont SAS, SASU, SARL) | 301 300 | environ 26 % | +6 % |
| Entreprises individuelles classiques | 105 900 | environ 9 % | -4 % |
| Total | 1 165 800 | 100 % | +5 % |
Les secteurs qui créent le plus d'entreprises
Les activités spécialisées, scientifiques et techniques (conseil, ingénierie, design) constituent le premier vivier de créations, suivies du commerce et des services administratifs et de soutien. Le secteur des transports et de l'entreposage signe la plus forte hausse, portée par la livraison du dernier kilomètre. Tous ces chiffres sont issus de l'INSEE Première n°2037 (créations 2024). À noter, sur la dimension territoriale : une création d'entreprise sur six s'effectue en zone rurale (Bpifrance Création, 2024), et en 2025 l'outre-mer progresse de +16 %, l'Île-de-France de +7 % et les villes moyennes de +4 à +5 %.
| Secteur d'activité | Créations 2024 | Évolution 2023-2024 |
|---|---|---|
| Activités spécialisées, scientifiques et techniques | 160 400 | -6 % |
| Commerce, réparation auto et moto | 155 300 | +6 % |
| Services administratifs et de soutien | 115 500 | +16 % |
| Transports et entreposage | 106 700 | +25 % |
| Construction | 89 000 | +1 % |
Taux de survie : combien passent le cap ?
69 % des entreprises classiques (hors micro-entrepreneurs) créées au premier semestre 2018 étaient encore actives cinq ans après (INSEE Première n°2070, enquête SINE, 2024). Le taux décroît logiquement avec le temps : 94,6 % à 1 an, 88,0 % à 2 ans, 81,3 % à 3 ans, 74,1 % à 4 ans, puis 69,0 % à 5 ans. Autrement dit, près d'une entreprise sur trois ne franchit pas le cap des cinq ans. C'est le chiffre que les analyses centrées sur le seul volume de créations passent généralement sous silence.
| Ancienneté | Taux de survie (cohorte 2018, hors micro-entrepreneurs) |
|---|---|
| 1 an | 94,6 % |
| 2 ans | 88,0 % |
| 3 ans | 81,3 % |
| 4 ans | 74,1 % |
| 5 ans | 69,0 % |
Le statut juridique pèse fortement sur la pérennité : les sociétés affichent un taux de survie à 5 ans de 70,6 %, contre 63,3 % pour les entreprises individuelles, soit un écart de 7,3 points (INSEE Première n°2070, 2024, hors micro-entrepreneurs). Le secteur compte tout autant. Les activités financières et l'assurance résistent le mieux, l'enseignement, la santé et l'action sociale sont également solides, tandis que l'hébergement et la restauration figurent parmi les plus exposés.
| Secteur | Survie à 5 ans (cohorte 2018, hors micro-entrepreneurs) |
|---|---|
| Activités financières et assurance | environ 77 % |
| Enseignement, santé, action sociale | 73 à 76 % |
| Transports et entreposage | environ 69 % |
| Hébergement et restauration | environ 66 % |
Ces écarts de survie ne sont pas une fatalité. Une part de la mortalité précoce s'explique par un marché mal évalué au départ : demande surestimée, concurrence sous-estimée, positionnement flou. C'est exactement ce qu'une étude de marché rigoureuse permet de neutraliser avant l'investissement. ESSCA Junior Conseil a par exemple accompagné un projet de café-bar social dans le 13e arrondissement de Paris, où l'enquête terrain a révisé le concept initial avant son lancement.
Défaillances d'entreprises : le revers du record
Le record de créations a un revers : 67 830 procédures de défaillances d'entreprises ont été ouvertes en 2024, soit +17 % par rapport à 2023 (57 729), un niveau supérieur au pic historique de 2009 (63 700 défaillances), selon Altares. La Banque de France (base Fiben), au périmètre légèrement différent, recensait pour sa part 65 764 défaillances sur les douze mois à fin décembre 2024 ; ce cumul s'est rapproché de 69 000 fin 2025, avec 69 001 défaillances sur douze mois glissants en janvier 2026 (Banque de France, Stat Info Défaillances). C'est ce que l'on appelle le paradoxe entrepreneurial français : jamais autant d'entreprises n'ont été créées, jamais autant n'ont disparu.
La trésorerie est au cœur du problème : selon la Banque de France, une défaillance sur quatre est liée à des difficultés de trésorerie, souvent alimentées par les retards de paiement. L'Observatoire des délais de paiement estime qu'en 2024, la suppression de ces retards aurait apporté environ 15 milliards d'euros de trésorerie supplémentaire aux PME (Banque de France, Observatoire des délais de paiement 2024). Anticiper ses besoins en fonds de roulement et bâtir des projections financières réalistes est donc vital, ce qui est précisément l'objet d'un business plan solide.
Qui sont les créateurs d'entreprise ?
Le créateur d'entreprise individuelle a en moyenne 35 ans, et 39 % ont moins de 30 ans (40 % en 2025), selon l'INSEE (Première n°2037 et n°2092). Les femmes représentent 43 % des créateurs d'entreprises individuelles en 2024, et 44 % en 2025. Le niveau de diplôme progresse : en 2022, 39 % des créateurs détenaient un bac+3 ou plus et 22,5 % un bac+5 ou un doctorat de santé, tandis que 6,5 % étaient sans aucun diplôme (INSEE, enquête SINE 2022, Première n°2007).
Côté motivations, l'indépendance domine : 43 % des créateurs de 2022 invoquent le souhait d'être indépendant, 28 % la volonté d'augmenter leurs revenus, 27 % le désir de créer une activité porteuse de sens et 7 % une réponse à une discrimination subie sur le marché de l'emploi (INSEE, enquête SINE 2022). La sensibilité environnementale est forte : 64 % des créateurs de 2022 se déclarent sensibles à l'impact environnemental de leur entreprise, dont la moitié de manière prononcée.
Avec quel financement se lance-t-on ?
La création française se fait avec très peu de capital : 57,8 % des créateurs de 2022 ont démarré avec moins de 1 000 euros (dont 37,5 % sans aucun moyen financier), 65,8 % avec moins de 4 000 euros, et seuls 12,4 % ont investi 16 000 euros ou plus (INSEE, enquête SINE 2022). L'accompagnement reste minoritaire : 35 % des créateurs n'ont reçu aucun appui extérieur, 46 % ont été épaulés par leur entourage personnel et 16 % seulement par une structure d'aide à la création.
L'effet de levier des dispositifs d'amorçage est pourtant considérable : 1 euro de prêt d'honneur génère en moyenne 7 à 8 euros de financement bancaire complémentaire, et la garantie Bpifrance peut couvrir jusqu'à 60 % des prêts bancaires des nouveaux entrepreneurs (Bpifrance Création, Panorama des financements destinés aux créateurs). En 2024, Bpifrance a accompagné 162 500 porteurs de projets via le Collectif Cap Créa et contribué à la création de plus de 86 000 entreprises. Un projet bien documenté, c'est-à-dire adossé à une étude de marché et à un business plan crédible, est nettement mieux placé pour activer ces leviers : c'est ce qu'a démontré l'accompagnement par ESSCA Junior Conseil de l'ouverture d'une boutique spécialisée en région parisienne, dont le business plan a facilité l'obtention du financement bancaire.
Le créateur face au numérique
Le digital n'est plus une option au lancement, mais tous les créateurs n'en ont pas encore pris la mesure. D'après le Baromètre France Num 2024 (Direction générale des Entreprises, 10 125 entreprises sondées), 15 % des TPE-PME n'ont toujours pas de site web, seules 37 % proposent la vente ou le paiement en ligne, alors même que 79 % des dirigeants considèrent le numérique comme un atout pour leur croissance. Penser sa présence en ligne dès la création, et non un an après, fait partie des angles morts les plus fréquents des nouveaux entrepreneurs.
Et les Junior-Entreprises dans tout ça ?
Le réseau des Junior-Entreprises occupe une place singulière dans l'écosystème de la création française : on compte environ 200 Junior-Entreprises en France, plus de 3 000 projets réalisés chaque année, et 80 % des entreprises du CAC 40 ont déjà collaboré avec l'une d'elles (Confédération Nationale des Junior-Entreprises, CNJE). Pour un porteur de projet, c'est un accès à des compétences d'étude de marché et de business plan à des conditions accessibles. ESSCA Junior Conseil a ainsi conduit l'étude de marché d'un bar ambulant en région nantaise, dont l'enquête terrain a confirmé la viabilité avant le lancement, puis l'extension de l'activité.
FAQ : création d'entreprise en France
Méthodologie et sources
Chaque chiffre de cette page provient d'une source primaire nommée, citée avec son millésime. Page mise à jour en juin 2026. Les données seront actualisées à chaque nouvelle publication officielle. Voici l'ensemble des sources utilisées.
- INSEE Première n°2092, Les créations d'entreprises en 2025 (2025) : insee.fr/fr/statistiques/8721354
- INSEE Première n°2037, Les créations d'entreprises en 2024 (2024) : insee.fr/fr/statistiques/8345726
- INSEE Première n°2070, Entreprises créées en 2018 : 69 % sont encore actives cinq ans après (hors micro-entrepreneurs), enquête SINE (2024) : insee.fr/fr/statistiques/8634190
- INSEE Première n°2007, Les créateurs d'entreprise en 2022, enquête SINE 2022 (profil, motivations, financement) : insee.fr/fr/statistiques/8231755
- Altares, Étude des défaillances et sauvegardes d'entreprises en France 2024 (67 830 procédures, +17 %) : altares.com
- Banque de France, Stat Info Défaillances d'entreprises, base Fiben (cumuls sur douze mois glissants, 2024-2026) : banque-france.fr
- Banque de France, Rapport de l'Observatoire des délais de paiement 2024 (trésorerie, retards de paiement) : banque-france.fr
- Bpifrance Création, La création d'entreprise 2025 et son évolution depuis 2012 (géographie, SAS/SASU, baromètre semestriel) : bpifrance-creation.fr
- Bpifrance Création, Panorama des financements destinés aux créateurs (effet de levier, garanties) : bpifrance-creation.fr
- Baromètre France Num 2024, Direction générale des Entreprises (numérisation des TPE-PME) : francenum.gouv.fr
- Confédération Nationale des Junior-Entreprises (CNJE), données du réseau : junior-entreprises.com
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